Dix jours après les coups de feu mortels tirés, le 26 mai, tout près de leur club, le FC Mistral tente de relever la tête. Le club de football grenoblois met en avant les nombreuses actions envers la jeunesse. « Il n'y a aucun lien direct entre le club et les événements dramatiques récents », martèle Mustapha Aouragh. Le secrétaire général du Mistral Football Club de Grenoble ne veut surtout pas que son club pâtisse de la fusillade survenue tout près mardi 26 mai, qui a fait un mort et quatre blessés. Malheureusement, depuis ce drame, il doit se battre pour conserver la réputation de son club, ancré dans le quartier Mistral : « Tous les articles et les photos qui ont été diffusés autour de cette affaire ont pu laisser penser que le club avait un lien avec cet événement. Alors on ne s'en détache pas, on est concernés lorsqu'un drame survient dans le quartier, on vient en aide aux gens, mais il n'y a aucun lien avec le club », répète-t-il. Car le club est une institution dans le quartier Mistral. Le club rassemble 300 adhérents, de six ans jusqu'à l'âge adulte. En ce mercredi après-midi de début juin, près de 80 jeunes prennent un goûter sur la nouvelle terrasse du club. « Une fois par trimestre, on fête l'anniversaire des enfants des trois mois écoulés. C'est un moment familial, festif avec gâteaux et bonbons », explique-t-il. « Il y a la volonté du club et des parents de maintenir l'événement aujourd'hui, de ne pas faire de place à la peur et de continuer à faire des choses positives dans le quartier. Je suis venu en soutien à cette dynamique-là », précise Meriem Naili, adjointe à la jeunesse et au sport (et elle-même footballeuse). Alors au Mistral FC, la vie continue, les passes s'enchaînent, les filets tremblent et les rires fusent dans le ciel de Mistral. « On a l'impression d'être en famille, on connaît tout le monde. Quand on fait des bêtises on nous le dit et quand on fait des choses bien, on sait nous le dire également », raconte Djillal, 16 ans, et au club depuis près de dix ans. Dans un quartier comme Mistral, le rôle social du club de foot est essentiel. « Notre rôle éducatif est primordial, au-delà de former des bons footballeurs, on veut former de bons citoyens », insiste Mustapha Aouragh. Avec la volonté d'accompagner les garçons mais aussi les filles : le Mistral FC est l'un des rares clubs de l'agglomération grenobloise à compter une section féminine.